D'autre part, il est impossible pour moi :

- de ne pas relever un double langage confus (Pas de suppression de postes d'enseignants devant élèves MAIS 3000 enseignants de RASED qui prennent 3000 postes d'enseignants dans des classes, ça fait bien 3000 postes de moins devant élèves. Ces 3000 enseignants de RASED ne pourront plus faire leur travail de RASED dans une classe ordinaire) ;

- de penser que vous connaissez le sujet ;

- de laisser dire que l'objectif n'est pas uniquement budgétaire, que le rapport d'audit sur la RGPP du printemps 2008 "ne guide pas votre politique" ;

- de ne pas croire à une suppression programmée des RASED, puisque plus la formation de nouveaux Maitres E ou G est suspendue dès 2009 ;

- de laisser dire que les actions sont trop dispersées et inefficaces quand les RASED sont dans les faits souvent incomplets et en nombre insuffisant pour couvrir efficacement tout le territoire ;

- de vous laisser ainsi jouer avec les chiffres

83000 élèves en stage de rattrapage : "Un succès !"  Ah, pourquoi ?

"75% des français d'accord avec la réforme" : Donc aussi avec la suppression des 3000 postes de RASED, ce qui n'était pas dans la réforme ?

 "Les professeurs ont manifesté, ils étaient 97 % à ne pas le faire." Posez simplement cette question aux Français : Pensez-vous que ce soit une bonne chose que de supprimer 3000 postes de RASED au moment où on déclare vouloir lutter contre l'échec scolaire ?)

- de ne pas penser que votre rapport aux dépenses est quelque peu trouble. Une dépense de 120 000 € pour vous former quelques jours à mieux communiquer, 100 000 € pour surveiller l'opinion, mais pas 1000 € pour l'avenir d'un enfant en difficulté ;

- de vous laisser fonctionner comme vous le faites sans réagir. Au cours d'un procès, devant un juge, on demanderait des preuves, on ne se contenterait pas de réponses  approximatives, le prévenu ne pourrait balayer avec dédain une question qui lui serait adressée ; nier ce qu'une enquête aurait révélé ne passerait pas si simplement.

 

Alors, Monsieur le ministre, ça ne passe pas. Ça ne pourra pas passer.

                          Je vous prie d'accepter mes salutations citoyennes.